JO 2024 - Le cycle menstruel, un défi de plus pour les athlètes féminines

JO 2024 - Le cycle menstruel, un défi de plus pour les athlètes féminines

Les Jeux Olympiques 2024 de Paris mettront en lumière non seulement les prouesses athlétiques des participantes, mais aussi leurs luttes personnelles contre divers problèmes de santé féminine. Un aspect souvent négligé dans le sport est l'impact du cycle menstruel sur les performances des athlètes féminines.

Une étude de l'Université de Stanford a révélé que 82 % des athlètes féminines ressentent que leur cycle menstruel affecte leur performance, mais seulement 22 % de ces athlètes reçoivent un soutien adéquat de la part de leur encadrement sportif.

Lors des Jeux Olympiques de Tokyo, l’escrimeuse Charlotte Lembach a remporté une médaille d’argent par équipes alors qu’elle était au premier jour de son cycle et que son « état de fatigue était tel qu’elle n’était plus concentrée, ni même vraiment lucide sur ce qu’elle faisait. » Lembach dénonce le manque de considération et de prise en charge de sa condition.

« Je suis dans un sport où 100 % du staff est masculin et, pour eux, le cycle menstruel n’est pas quelque chose d’important dans la performance pure. » Source

Ces témoignages soulignent un manque de connaissances et de données scientifiques abyssales sur la santé des femmes. Selon une étude menée en 2019 auprès de 430 sportives australiennes de haut niveau, seulement 16 % d’entre elles pouvaient associer les œstrogènes et la progestérone au cycle menstruel.

François Bieuzen, expert en physiologie sportive, remarque : « Je me rends compte – et c'est au quotidien – que beaucoup d'athlètes féminines que je côtoie connaissent très, très peu leur physiologie. Par exemple, elles sont complètement aménorrhées depuis longtemps et, pour elles, c'est normal, alors que ça ne devrait pas être normal. »

Caroline Criado Perez, dans son livre Invisible Women, décortique cette problématique et recense des faits à la fois passionnants et effrayants :

Biais dans la médecine sportive et la recherche :

La médecine sportive et la recherche utilisent souvent les corps masculins comme modèle par défaut, entraînant un manque significatif de données sur les problèmes de santé spécifiques aux femmes. Cela peut causer des taux de blessures plus élevés et des protocoles de récupération inadéquats pour les athlètes féminines.

Impact des cycles menstruels :

Les fluctuations hormonales pendant le cycle menstruel peuvent avoir un impact significatif sur les performances athlétiques, mais les programmes d'entraînement en tiennent rarement compte. Perez souligne que de nombreuses athlètes reçoivent un soutien insuffisant pour gérer leur santé menstruelle.

Biais dans la conception de l'équipement :

L'équipement sportif, y compris les chaussures de course et les équipements de protection, est souvent conçu pour les corps masculins. Cela peut entraîner de l'inconfort et un risque accru de blessures pour les femmes. Un équipement conçu correctement pour s'adapter aux corps féminins est crucial pour la performance et la sécurité.

Biais dans la technologie médicale :

Le développement des technologies médicales néglige souvent les besoins de santé des femmes. Par exemple, la version initiale de HealthKit d'Apple ne comprenait pas de suivi des règles, soulignant le manque de représentation féminine dans les équipes de conception technologique.

Conclusion

Les Jeux Olympiques 2024 ne seront pas seulement une célébration des capacités athlétiques, mais aussi une démonstration de la résilience et de la détermination des femmes face aux problèmes de santé de la femme.

C’est une véritable source d’inspiration pour développer le mouvement initié par l’industrie de la Femtech, afin de redéfinir une santé pour et au service des femmes. Que notre corps devienne enfin un atout et non un obstacle.

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